Une lettre pastorale concernant la réouverture de nos lieux du culte

Vendredi le 12 juin 2020
Fête de Saint-Barnabé, apôtre
Chers amis, chères amies,

Quand la pandémie de COVID-19 nous a contraints à fermer nos églises le 13 mars dernier, nous ne savions pas pendant combien de temps la pandémie et ses conséquences se prolongeraient. Nous voici maintenant au début de l’été et nous devons constater qu’il existe encore bien des inconnues à propos du coronavirus et de la maladie potentiellement mortelle qu’il cause. En date de cette semaine, plus de 5 000 Québécois ont succombé à la COVID-19.

En mars dernier, la décision de fermer tous les lieux du culte à travers le diocèse et de suspendre les liturgies en personne jusqu’à nouvel ordre a été prise avant que les autorités de la santé publique ne l’exigent. Comme je l’écrivais à ce moment-là, le diocèse a choisi d’agir de la sorte par excès de prudence et dans l’intérêt non seulement de nos fidèles mais aussi du bien commun, notamment de ceux dont l’âge ou la santé les rendent plus vulnérables pendant cette pandémie.

Pour ces mêmes raisons, nos édifices religieux demeureront fermés au culte au moins jusqu’au mois de septembre. Une décision similaire a été prise dans tous les diocèses anglicans de l’Ontario, par le diocèse anglican de Montréal et par le Synode de l’est de notre église sœur, l’Église évangélique luthérienne au Canada.

Le gouvernement du Québec a inclus les lieux de culte dans son plan de déconfinement, bien qu’un calendrier précis de réouverture n'ait pas encore été établi. Je fais partie d’un groupe de chefs religieux de la province qui a travaillé de manière constructive avec les autorités de la santé publique afin d'élaborer des protocoles pour la réouverture des églises, des synagogues et des mosquées. Cependant, même lorsque l’aval du gouvernement provincial pour la réouverture des lieux de culte aura été donné, ces protocoles imposeront des restrictions importantes sur des éléments comme le contrôle de la fréquentation, la distance physique, la désinfection, la ventilation, le chant, les pratiques sacramentelles, les offrandes, les livres et volumes, les feuillets, et les périodes de rassemblement.

Plusieurs de nos congrégations, en particulier les petites églises, seraient sérieusement mises au défi de respecter toutes les dispositions de ces protocoles. Même les congrégations avec une telle capacité trouveraient le culte considérablement entravé par ces restrictions hygiéniques. Par conséquent, indépendamment de toute annonce gouvernementale à venir concernant la réouverture des lieux de culte au Québec, les édifices religieux de notre diocèse demeureront fermés aux services liturgiques jusqu’à nouvel ordre.

Plusieurs d’entre nous—et je fais partie de ce nombre—s’ennuient énormément des rassemblements tenus dans nos bâtiments religieux pour célébrer le culte et célébrer notre communauté. En même temps, nous avons été bénis par la découverte de nouvelles façons de nous réunir en tant que famille diocésaine et en tant que congrégations pour la prière et les relations communautaires grâce à des offices offerts via Internet (ou par téléphone), des groupes d’étude, de rencontre et d’enseignement en ligne, des appels téléphoniques et même l’échange de lettres.

Il n’existe pas de substitut permanent aux rassemblements physiques des membres du peuple de Dieu autour de la table eucharistique, nourris par la parole et le sacrement. Néanmoins, les rassemblements virtuels ont nourri nombre d’entre nous de diverses manières. La promesse de Jésus est que quel que soit l’endroit où deux ou trois personnes sont réunies en son nom, il est avec elles. Cela s’applique autant à un rassemblement en ligne qu’à un rassemblement en personne.

L’église n’a pas été fermée ces derniers mois—seulement nos bâtiments. Ainsi, même si le culte ne sera pas autorisé dans les lieux du culte du diocèse cet été, notre vie et notre travail se poursuivront. Voici quelques exemples de ce qui peut encore se produire:
  • RENCONTRES EXTÉRIEURES – Les autorités de la santé publique autorisent maintenant les rassemblements en plein air d’un maximum de 10 personnes provenant d’au plus trois ménages différents, la règle de la distanciation de deux mètres devant être respectée. Le clergé et les membres des congrégations peuvent souhaiter profiter de cette disposition pour organiser de petits rassemblements en plein air pour la pastorale, l’enseignement et/ou la fraternité. Les limites actuelles de la taille de ces rassemblements peuvent rendre les services de culte en plein air peu pratiques, mais ces limites pourraient être modifiées à la hausse selon les directives des autorités de la santé publique. Tout culte en plein air devrait être une célébration de la parole plutôt qu’une liturgie avec communion.

  • LITURGIE EN LIGNE – Pendant tout l’été, à chaque semaine, nous continuerons d’offrir (selon un horaire néanmoins réduit) des offices liturgiques, des études bibliques, des groupes de rencontre et d’enseignement.

  • FUNÉRAILLES – Les funérailles et inhumations peuvent avoir lieu, mais uniquement au cimetière et ce, en respectant les directives des autorités de la santé publique sur les rassemblements en plein air. Si la famille du défunt ou de la défunte le souhaite, une liturgie plus complète, comme par exemple un requiem ou un service commémoratif, pourra être tenu à une date ultérieure. Les communautés n’ayant pas accès à une entreprise de pompes funèbres peuvent continuer à utiliser leurs bâtiments religieux comme lieu de repos temporaire des dépouilles des personnes avant leur enterrement.

  • BAPTÊMES – Puisque les baptêmes se tiennent habituellement dans le contexte de la célébration liturgique principale d'une communauté religieuse, ils devraient être reportés jusqu’à ce que les modalités habituelles de culte reprennent. En cas d’urgence, tout chrétien peut baptiser la personne et une célébration et reconnaissance du baptême pourront avoir lieu à l’église à une date ultérieure.

  • MARIAGES – Les couples souhaitant se marier à l’église devraient envisager de reporter leur mariage jusqu’au retour dans nos bâtiments. Si un couple souhaite néanmoins procéder, une dispense pour un mariage en plein air peut être accordée, à condition que les stipulations des autorités de la santé publique concernant les rassemblements en plein air soient respectées.

  • LOCATIONS – L’utilisation des salles paroissiales et/ou des sous-sol d’églises par des groupes paroissiales ou des locateurs à court terme demeure interdite jusqu’à nouvel ordre.
La pandémie et ses conséquences ont eu un impact négatif prévisible sur les finances de toutes nos congrégations et, par conséquent, sur le diocèse dans son ensemble. Notre situation financière est précaire dans la meilleure des situations. Cette crise mondiale ne l’a rendue que plus périlleuse.

Je suis donc profondément reconnaissant à ceux d’entre vous qui ont continué de supporter financièrement votre congrégation locale en cette période difficile. Je vous demanderais de continuer d’être généreux et je désire inviter ceux d’entre vous qui n’ont pas encore fait d’offrande régulière à le faire. Je reconnais que la COVID-19 a créé des difficultés économiques pour certains d'entre vous, et donc ma demande est seulement que « chacun donnera ce qu’il pourra, selon les bénédictions que l’Éternel, son Dieu, lui aura accordées » (Deutéronome 16,17). Chaque congrégation supportant un ou une prêtre ou diacre salarié(e) a bénéficié du programme de subvention salariale COVID-19 du gouvernement fédéral, mais cette aide financière prendra fin en août. Vos contributions individuelles permettront donc, entre autres, de soutenir notre fidèle clergé et notre personnel diocésain, qui ont travaillé avec diligence—et très souvent dans l’ombre—tout au long de ces mois de confinement.

Voici trois méthodes vous permettant de fournir un support financier:
  1. EN LIGNE – Visitez https://www.canadahelps.org/fr/organismesdebienfaisance/church-society-of-the-diocese-of-quebec/ et utilisez une carte de crédit pour faire un don directement à votre congrégation locale ou au diocèse, ou aux deux. Pour faire un don à une congrégation spécifique, utilisez le menu déroulant se trouvant sous la rubrique « Assignez votre don à un des fonds créés par cet organisme » pour trouver le nom de l’église locale que vous désirez aider.

  2. CONTACTEZ LE TRÉSORIER/LA TRÉSORIÈRE DE VOTRE PAROISSE – Vous pouvez poster ou aller porter un chèque à votre trésorier/trésorière local(e). Si vous n’êtes pas certain(e) du nom de cette personne, contactez le bureau diocésain (info@quebec.anglican.ca ou 418 692 3858) et nous vous donnerons les informations nécessaires. Vous pouvez aussi poster un chèque directement au bureau diocésain au 31 rue des Jardins, Québec, QC G1R 4L6.

  3. FAITES UNE LEVÉE DE FONDS COMMUNAUTAIRE – Dans les circonstances actuelles, il n’est pas approprié de lever des fonds en faisant du porte à porte. Toutefois, il vous est loisible d’inviter les membres de votre communauté à venir déposer leurs dons à un endroit extérieur et à une heure pré-déterminés (comme le perron de l’église), où deux représentants désignés par la corporation paroissiale seraient présents pour recevoir les dons.
Bien entendu, l’église n’est pas la seule à avoir besoin d’un support financier supplémentaire pendant cette pandémie. Je vous invite donc également à envisager de faire un don de bienfaisance à une organisation qui aide à soutenir les plus faibles, les invisibles, les laissés-pour-compte au sein de votre communauté locale. Vous pouvez également contribuer à des projets significatifs et efficaces à travers le pays et dans le monde entier grâce au Fonds mondial de secours et de développement du Primat (Primate’s World Relief and Development Fund : https://pwrdf.org/world-of-gifts/).

Nous continuerons de suivre l’évolution de la situation en ce qui concerne la COVID-19 au cours des mois d’été, afin que, le moment venu, nous puissions retourner dans nos bâtiments religieux de la manière la plus sûre, la plus responsable et la plus joyeuse possible.

Ce n’est pas la lettre que j’envisageais écrire à l’aube de cet été. Comme nous le rappelle notre lecture de l’Évangile de dimanche dernier, Jésus a promis qu'il serait toujours avec nous, « jusqu’à la fin des temps » (Matthieu 28:20). Il n’a pas promis que le voyage de notre vie se ferait sans obstacles ni difficultés. Nous persistons à être l’Église en ces temps difficiles et perturbants, confiants que Jésus est avec nous à travers ces épreuves, confiants que le Christ est, en ce moment même, en train de racheter cette situation.

         Sincèrement vôtre en Christ,

         Mgr Bruce Myers
         Évêque de Québec

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COVID-19 et les mariages

AUX: Détenteurs et détentrices d’une licence permettant de célébrer des mariages
DE:  Mgr Bruce Myers

Comme à chaque année, un certain nombre de mariages sont planifiés pour l’été qui s’en vient. Ce qui est différent cette année toutefois, ce sont les complications créées pour les mariages ainsi que pour tous les grands rassemblements du genre par la pandémie de COVID-19.

Puisqu’il est impossible de prévoir combien de temps encore les mesures de distanciation sociale seront maintenues, la teneur qu’elles prendront et les régions du Québec où elles seront en vigueur, ma recommandation est à l’effet que tous les mariages présentement à l’ordre du jour pour l’été à venir soient reportés jusqu’à ce que les mesures de distanciation sociale soient adoucies par les autorités civiles.

Dans le cas du report d’un mariage prévu dont l’avis a déjà été publié par le directeur de l’état civil, ce dernier doit être informé du changement le plus tôt possible. On peut rejoindre le Directeur de l’état civil en composant le 877 644-4545 ou par courriel à etatcivil@dec.gouv.qc.ca.

S’il s’avérait approprié, d’un point de vue pastoral, qu’un mariage ait lieu cet été à une date déjà arrêtée, il peut quand même être célébré, mais uniquement en présence du célébrant, du couple et de deux témoins, chacun respectant les mesures de distanciation physique prescrites par les autorités de la santé publique. Dans une telle situation, l’un des témoins pourrait enregistrer la cérémonie au profit de ceux qui ne peuvent pas y assister en personne. Je vous demande de m’informer si un couple souhaite procéder de cette manière.

Que le mariage soit retardé ou non, le processus de préparation au mariage avec les couples doit se poursuivre et peut être réalisé soit par téléphone, soit par vidéoconférence.

Ces lignes directrices seront révisées au fur et à mesure de l’évolution de la situation, régies, comme toujours, par les directives des autorités de la santé publique, la préoccupation pour le bien commun et une attention particulière envers les plus vulnérables parmi nous. Si vous avez des questions, n’hésitez-pas à entrer en contact avec moi ou avec le vicaire général Edward Simonton (esimonton@quebec.anglican.ca ou 819 679-9957).

Sincèrement vôtre dans le Christ,

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Lettre pastorale de Pâques

Québec, Pâques 2020 

Mes bien-aimés dans le Christ,

Jamais auparavant, n’avons-nous connu une fête de Pâques comme celle-ci.

La plupart d’entre nous ne se retrouveront pas autour d’une table pour partager un festin de Pâques avec les membres de nos familles et nos amis parce que la plupart d’entre nous sommes confinés chez nous, d’autres sont atteints de la COVID-19. Les lys de Pâques ne trouveront pas d’acheteurs et les chasses aux œufs de Pâques n’auront pas lieu. Nous ne nous rassemblerons pas dans nos églises pour célébrer la résurrection de Jésus-Christ. De bien des manières, Pâques, cette année, ressemblera plutôt à une prolongation non invitée et non bienvenue de la période du Carême.

Nous vivons présentement un moment déterminant de l’histoire de l’humanité. Cette pandémie met à l’épreuve nos préconceptions individuelles et collectives, notre détermination et nos capacités. Pour certains d’entre nous, c’est peut-être aussi un test de notre foi.

La foi des disciples de Jésus a elle aussi été mise à l’épreuve lorsqu’ils ont été témoins de la mort cruelle et injuste de leur ami, qui, à la fin, est mort seul. Jésus n’a pas blâmé ses amis pour leur très humain manque de foi, mais a plutôt réussi à le restaurer par sa victoire de la vie sur la mort.

La résurrection de Jésus Christ est le moment déterminant de l’histoire de l’humanité. Par la résurrection, Dieu, à travers le Christ, proclame que la mort n’est pas la fin de notre histoire et que toutes choses seront rachetées. Notre espérance pascale est que bien que nous devions voyager ensemble à travers ces ravins de la mort, Dieu est à nos côtés et est même présentement en train de racheter cette calamité pour ses fins divines dans le monde que Dieu aime.

Il peut être difficile de percevoir des signes de rédemption alors que nous vivons à travers un tel fléau. Les disciples de Jésus ont, eux aussi, eu de la difficulté à reconnaître Jésus ressuscité après la catastrophe de sa mise à mort. Mais l’amour rédempteur de Dieu est toujours là, même si les circonstances font qu’il est difficile pour nous de le discerner.

C’est pourquoi, à travers les mots d’un hymne ancien souvent chanté ou déclamé pendant les funérailles chrétiennes, « mais des profondeurs de la tombe monte notre chant : Alléluia, Alléluia, Alléluia. » C’est pourquoi, pendant une Pâques qui ressemble plus à un Carême, nous proclamons encore avec confiance « Alléluia ! Le Christ est ressuscité ! » Et c’est pourquoi, alors que nous vivons dans l’anxiété et l’incertitude pendant cette pandémie, nous répondons avec une espérance confiante et assurée: « Le Seigneur est vraiment ressuscité ! Alléluia ! »

Mgr Bruce Myers OGS

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La COVID-19 et la situation financière des congrégations

À: Corporations paroissiales, leurs trésoriers et trésorières
DE: Mgr Bruce Myers

À travers tout le Québec, nous nous préparons à entrer dans une quatrième semaine d'isolement et les églises à travers notre diocèse seront fermées pour un quatrième dimanche consécutif.

Jusqu’à présent, ces efforts collectifs ont réussi à freiner la propagation de la COVID-19 et à sauver des vies. Je suis profondément reconnaissant envers tous les anglicans du Québec de la manière dont ils et elles ont répondu à l’appel demandant de prendre des mesures difficiles mais nécessaires pour lutter contre cette pandémie.

Ces mesures ont également eu et continuent d’avoir un impact économique important et généralisé, avec la fermeture temporaire de nombreuses entreprises et le licenciement de milliers de personnes, qui ont ainsi vu leurs salaires réduits ou leurs moyens de subsistance mis en danger.

L’église n’est pas à l’abri des effets économiques de la pandémie. Pour le maintien de leur santé financière et leur viabilité, les congrégations de notre diocèse dépendent principalement de deux sources de revenus: les généreuses contributions des paroissiens et les revenus générés par leurs investissements. Le paysage financier a changé et je sais que plusieurs de nos congrégations—dont certaines étaient déjà financièrement fragiles—sont préoccupées par l’avenir.

Depuis ses tout débuts, notre trésorier diocésain Michael Boden, notre directrice générale Marie-Sol Gaudreau et notre vicaire général Edward Simonton sont en état de surveillance et d’évaluation constants des impacts financiers de cette pandémie sur notre église, et ensemble, nous avons essayé de discerner la meilleure voie financière à suivre pour notre église dans le cadre d’une situation sans précédent qui évolue presque quotidiennement.

Notre objectif est de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour maintenir nos congrégations—et le diocèse dans son ensemble—financièrement viables en cette période difficile, et pour protéger les moyens de subsistance des membres de notre clergé et de nos employés et employées laïcs qui dépendent d’une rémunération provenant de notre église. Chacune de ces personnes a trouvé des moyens créatifs et significatifs de réaliser à sa vocation et de servir l’église dans cet extraordinaire concours de circonstances.

À cette fin, nous mettons en place les mesures financières suivantes :

  1. DIOCESAN POOLED FUNDS (Fonds regroupés diocésains) – De nombreuses congrégations ont confié leurs investissements aux « Pooled Funds », qui sont gérés par la Société d’église du diocèse anglican de Québec (« Church Society »). Les chèques de distribution du premier trimestre seront émis dans les prochains jours. Les turbulences massives connues sur les marchés financiers se reflèteront nécessairement sur les montants qui seront reçus. Les congrégations recevant des distributions au premier trimestre sont fortement encouragées à utiliser ces fonds en priorité pour soutenir leur pasteur(e) et pour payer toutes les factures de rémunération et de charges sociales. Au cours des prochaines semaines, le respect de nos obligations salariales sera l’un de nos principaux défis financiers. Les congrégations sans obligations salariales sont encouragées à réinvestir leurs distributions du premier trimestre dans les Pooled Funds afin de contribuer à maintenir la viabilité à long terme de notre portefeuille collectif. En raison de l’extrême volatilité de la situation économique globale et de l’incertitude quant à la durée de cette pandémie, le montant des distributions des Pooled Funds devra être évalué à chaque trimestre. Bien que les politiques de distribution puissent changer à court terme, les Pooled Funds demeurent un investissement judicieux à long terme.
  2. RÉMUNÉRATION ET CHARGES SOCIALES – Il y a une semaine, le gouvernement fédéral a annoncé la création d’une subvention salariale temporaire de 75% visant à aider les entreprises qualifiées et les organismes à but non lucratif d’éviter de licencier leur personnel pendant la pandémie. Le diocèse, de même que ses congrégations, sont éligibles à ce soutien financier temporaire majeur, qui permettra de soulager temporairement de nombreuses congrégations d’une charge financière importante à un moment critique. Cela signifie que les congrégations ayant signé des ententes de rémunération demeureront toujours responsables de verser 25% de ce qu’elles contribuaient auparavant à la rémunération et aux charges sociales de leur pasteur(e). Si une congrégation a des inquiétudes quant à sa capacité de s’acquitter de ses obligations financières pendant cette période, nous en exhortons les dirigeants à communiquer sans hésitation avec la directrice générale Marie-Sol Gaudreau (msgaudreau@quebec.anglican.ca ou 418 692 3858) pour discuter des autres dispositions qui pourraient être prises.
  3. OFFRANDES – Même si nos congrégations ne se réunissent pas physiquement présentement pour célébrer le culte—ce qui signifie que les enveloppes ne se remplissent pas ou que la quête n’a pas lieu—nous sommes toujours en mesure de recevoir des dons d’autres manières. Ceux qui sont encore en mesure de faire une contribution financière à leur congrégation en ce moment peuvent envoyer un don au trésorier ou à la trésorière de leur paroisse. Vous êtes également invités à faire une contribution déductible d’impôt à la Church Society afin de soutenir la vie et le travail du diocèse de Québec au sens large pendant cette période particulièrement difficile. Vous pouvez le faire en envoyant un chèque à l’adresse ci-dessus ou en faisant un don en ligne en visitant CanaDon.org et en trouvant la « Church Society of the Diocese of Quebec ». Vous pouvez également faire une contribution en ligne à n’importe quelle congrégation du diocèse de la même manière; indiquez simplement le nom de l’église spécifique que vous souhaitez soutenir et les fonds leur seront crédités.

Dieu promet que nous recevrons tout ce dont nous avons besoin, si nous restons concentrés sur le royaume de Dieu et sur la justice de Dieu. Avec l’aide de Dieu—et avec confiance en sa providence—notre église traversera sereinement cette période d’épreuve, exprimant le royaume de Dieu et sa justice tout au long du chemin.

Sincèrement vôtre dans le Christ,


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Mise à jour des directives concernant les funérailles et la COVID-19

À: Membres du clergé, marguilliers, et ministres laïcs
DE: Mgr Bruce Myers
DATE: Vendredi le 27 mars 2020

Vendredi dernier, des lignes directrices ont été émises pour la tenue de funérailles dans le diocèse de Québec, afin de respecter les directives des autorités sanitaires concernant la COVID-19. En raison de l’évolution rapide de la situation sur le terrain, je propose maintenant une mise à jour desdites directives.

Le décret gouvernemental interdit pratiquement tous les rassemblements intérieurs et extérieurs. En conséquence, aucun service funéraire ne peut avoir lieu à l’intérieur de bâtiments religieux. Lorsque la crémation n’est pas une option et qu’un enterrement ne peut être retardé, une très brève cérémonie peut être tenue près du cercueil en présence d’un président de cérémonie et d’un maximum de 10 personnes additionnelles, chacune devant conserver entre elles une distance de deux mètres, tel que recommandé par les autorités sanitaires.

Même si les salons funéraires demeurent en activité, en raison du risque élevé de transmission, les membres du clergé et les ministres laïcs du diocèse ne doivent pas présider à des funérailles dans les salons funéraires pour le moment. Il convient de noter que cette semaine, 44 nouveaux cas de COVID-19 se sont déclarés chez des personnes qui, toutes, avaient récemment assisté à des funérailles dans le même salon funéraire situé à Saint-Jean de Terre-Neuve.

Ces dispositions, ainsi que la suspension intégrale des liturgies publiques et de tous les autres rassemblements physiques liés aux affaires religieuses, demeurent en vigueur jusqu’à nouvel ordre. Comme tous ces efforts, elles visent à protéger la santé publique et en particulier les plus vulnérables d’entre nous.

Si vous avez des questions ou des préoccupations, n’hésitez pas à entrer en contact avec moi par téléphone au 418 692 3858 ou par courriel à bmyers@quebec.anglican.ca. Soyez assurés de mon appui et de mes prières soutenues pendant ces temps difficiles.

Sincèrement vôtre dans le Christ,

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Notre vie commune pendant la pandémie de COVID-19

À:  Membres du clergé, marguillers, et ministres laïcs

DE:  Mgr Bruce Myers

DATE:  Vendredi le 20 mars 2020

SUJET: Notre vie commune pendant la pandémie de COVID-19 

Cela fait exactement une semaine que la suspension de toutes les liturgies publiques et autres rassemblements religieux à travers le diocèse de Québec a été promulguée, et ce, jusqu’à nouvel ordre, à la suite de la pandémie de COVID-19. Je tiens à vous remercier tous pour la rapidité et la discipline avec lesquelles chacune de vos communautés a répondu à cette directive, qui fait partie d’un effort collectif plus large visant le bien commun de tous et en particulier de celui des plus vulnérables à cette maladie.

Il semble désormais probable qu’une certaine forme de perturbation de nos vies communautaires en tant que congrégations et en tant que diocèse se poursuivra pendant encore un certain temps et je voudrais donc offrir quelques directives supplémentaires pour nous permettre de naviguer ensemble à travers cette période houleuse.

Toutes les liturgies publiques et les rassemblements religieux demeurent suspendus, y compris les funérailles publiques. D’autres options temporaires sont disponibles.

Pendant cette suspension des liturgies publiques, j’invite tous les anglicans de notre diocèse à se joindre à moi pour une forme alternative de prière le dimanche matin: une webdiffusion de prières en provenance de chez moi, à Québec, à partir de 10h30 HAE. Les détails relatifs à manière de participer à cette activité sont disponibles sur la page Facebook du diocèse anglican du Québec et sur le site web diocésain (www.quebec.anglican.ca), où vous trouverez aussi d’autres ressources pour vous aider à prier à la maison. Je vous prie de diffuser largement cette invitation à célébrer le culte en tant que famille diocésaine d’une manière nouvelle et différente. Nous étudions aussi présentement les moyens d’élargir nos options de contact, y compris les moyens de rejoindre les personnes qui n’ont pas accès à l’internet.

La suspension des liturgies publiques comprend également les liturgies pastorales, telles que les funérailles. Plus tôt cette semaine, le directeur de la santé publique du Québec a spécifiquement identifié les funérailles comme des rassemblements à haut risque pour la transmission du virus COVID-19. Jusqu’à ce que ce que ces directives soient modifiées, les membres du clergé et les ministres laïques sont invités à s’abstenir de diriger des funérailles dans des églises ou des salons funéraires. Trois autres options sont possibles à l’heure actuelle: 1) si possible (par exemple, si les restes du ou de la défunte ont été incinérés), retarder les funérailles jusqu’à la levée de la suspension des services liturgiques publics; 2) tenir une forme de la liturgie funéraire complète au cimetière, avec un nombre suffisamment restreint de personnes pour que les instructions les plus récentes des autorités de la santé publique (www.quebec.ca/coronavirus) soient respectées; ou 3) tenir une petite réunion privée des membres de la famille et des amis proches au domicile du ou de la défunt(e), avec des prières pour les morts offertes par la famille, suivies immédiatement de l’enterrement au cimetière, sous la direction d’un(e) prêtre, diacre, ou ministre laïque. Lorsque les choses reviendront à la normale, une messe de requiem ou un service commémoratif plus complet pourrait être tenu à l’église, où la communauté élargie pourrait se réunir comme d’habitude.

Je suis conscient que le décès d’un être cher est déjà assez difficile sans les complications supplémentaires créées par cette pandémie. Cependant, ces mesures sont mises en place afin que nous puissions éviter la vague exponentielle de décès et d’enterrements que nous avons vue se produire dans d’autres parties du monde en raison du COVID-19.

N’oubliez pas que tous les autres rassemblements liés aux affaires religieuses tels que les groupes d’étude, les réunions paroissiales annuelles et les évènements sociaux sont également suspendus jusqu'à nouvel ordre. Les concerts et autres rassemblements impliquant des groupes extérieurs utilisant les églises et édifices paroissiaux doivent également être suspendus.

En raison de la méthode de propagation du COVID-19, une grande prudence est requise dans la prestation de soins pastoraux. Envisagez des approches d’équipe pour maintenir les contacts par téléphone ou par courriel et des moyens collaboratifs pour répondre aux besoins matériels.

L’un des nombreux défis posés par cette pandémie est de réussir à fournir des soins pastoraux à nos fidèles alors que plusieurs sont en quarantaine volontaire ou bien se trouvent dans des hôpitaux ou des établissements de soins de longue durée où les visites sont maintenant interdites.

Les congrégations dotées de listes de membres à jour devraient les utiliser pour contacter les gens par téléphone ou par courriel, tout en exerçant une discrétion diligente quant à la diffusion des informations de contact privées des individus. Les membres du clergé, les lecteurs et lectrices laïques, les marguillers et les responsables de soins pastoraux pourraient, par exemple, se partager à plusieurs la liste des membres de la congrégation et ainsi rejoindre tout le monde relativement rapidement.

Étant donné que de nombreux groupes de personnes sont désormais confinés chez eux à cause du COVID-19, il convient aussi de demander aux personnes avec lesquelles vous entrez en contact si, en plus de besoins spirituels ou de compagnie, elles ont d’autres besoins matériels essentiels, comme pour de la nourriture ou des articles de toilette. Questionnez-vous quant à la possibilité pour votre congrégation de se mobiliser pour les aider, ou voyez si vous pouvez vous associer à d’autres organisations communautaires pour fournir de l’aide.

Le bureau diocésain est fermé, mais nous répondons aux messages vocaux et aux courriels entrants. Merci de votre patience alors que nous faisons de notre mieux pendant cette période inhabituelle.

Church House, le bureau administratif du diocèse situé à Québec, sera fermée jusqu’à nouvel ordre. Les membres de notre personnel, restreints en nombre mais diligents, travaillent présentement principalement à partir de leurs domiciles, ce qui signifie qu’il est possible qu'il s’écoule plus de temps que d’habitude avant que nous puissions répondre aux messages et aux demandes de renseignements. Vous pouvez appeler le 418 692 3858 et laisser un message vocal ou envoyer un courriel à info@quebec.anglican.ca. Quelqu’un vous répondra dès que possible. Merci de votre patience.

Soyez attentif à votre propre bienêtre physique, émotionnel et spirituel.

Pour plusieurs d’entre nous, respecter la directive de nous éloigner physiquement des autres sans trop nous isoler socialement peut constituer tout un défi. Même si vous tendez la main aux autres, je vous invite également à être attentifs à prendre soin de vous. Cela peut être particulièrement important pour ceux et celles d’entre nous qui se sont volontairement mis en quarantaine. Considérez des éléments comme une saine approche à la consommation de nouvelles; trouvez des moyens de maintenir votre activité physique, de manger et de dormir du mieux que vous le pouvez. En tant que leaders dans nos communautés, nous sommes appelés à adopter un bon comportement pour les personnes que nous servons et à rester en santé le plus possible afin de continuer à les servir.

Nous vivons présentement des moments inhabituels et troublants, mais ils ne sont pas sans précédent. Il y a un siècle, nos églises ont été fermées pendant plusieurs semaines pendant la pandémie de grippe de 1918, et nous nous en sommes sortis. Cependant, je voudrais nous inviter à considérer ces moments non pas simplement comme une crise à endurer ou une période difficile à traverser. Faisons plutôt en sorte que ce soit l’occasion pour nous de renouveler notre vocation en tant qu’église ici et maintenant. Devenons les oreilles attentives et les mains secourables du corps du Christ au sein de nos communautés. Face à l’obscurité, à la peur et à la mort, nous pouvons être de minces mais lumineux faisceaux de résurrection et d’espoir.

Sincèrement vôtre dans le Christ,

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Suspension des célébrations liturgiques publiques dans le diocèse de Québec

Bien chers amis,

Comme nous avons pu le constater au cours des deux derniers jours, la situation concernant le COVID-19 évolue très rapidement. Le gouvernement du Québec a mis en place une série de mesures agressives dans le but de ralentir le rythme de propagation du virus. Celles-ci incluent notamment l’annulation des rassemblements intérieurs impliquant plus de 250 personnes.

Bien que les églises anglicanes de notre diocèse ne voient que rarement un tel niveau d’assistance, il semble néanmoins prudent de prendre toutes les mesures possibles pour contribuer à l’effort collectif visant à ralentir la progression du COVID-19. Cela semble particulièrement sage étant donné que plusieurs de nos fidèles sont âgés de plus de 65 ans, l’un des groupes les plus à risque de contracter la maladie.

Par conséquent, prenant effet immédiatement et jusqu'à nouvel ordre, toutes les célébrations liturgiques publiques dans le diocèse de Québec sont suspendues. Cela inclut les services réguliers du dimanche et toutes les liturgies de semaine. Tous les rassemblements liés aux affaires religieuses—groupes d’étude, réunions paroissiales annuelles, réunions de regroupements divers (ex: guildes, ACW, etc.)—devraient également éviter d’être tenus en personne pendant cette période. J’encourage également les corporations paroissiales à fournir de l’assistance aux groupes externes qui utilisent leurs installations physiques comme les salles paroissiales pour leur permettre, temporairement, de prendre de nouvelles dispositions.

Ces mesures sont prises par excès de prudence et dans l’intérêt du bien commun, notamment ceux dont l’âge ou la santé les rendent plus vulnérables pendant cette pandémie.

Le catéchisme du Livre de la prière commune (BCP) décrit entre autres l’église comme « la famille de Dieu ». Même si, temporairement, nous ne nous rassemblerons pas en tant qu’église dans nos bâtiments habituels, nous demeurons néanmoins tous membres de la famille de Dieu. Nous sommes toujours l’église. Je vous invite donc à trouver d’autres moyens de rester en contact avec vos sœurs et frères dans le Christ pendant cette pandémie. La distanciation sociale ne doit pas conduire à l’isolement social.

Même lorsque nous prions séparément, nos prières rejoignent celles de tous les fidèles et de toute la communion des saints à travers le temps et l’espace. Dans les jours à venir, restez à l’affût des ressources qui sont disponibles pour vous aider dans vos prières pendant cette période inhabituelle et surveillez les prochaines mises à jour. En attendant, je vous offre mes prières et ceci:

Dieu du moment présent,
Dieu qui, en Jésus, calme la tempête
et apaise le cœur frénétique;
apporte-nous espoir et courage
alors que nous attendons dans l’incertitude.
Apporte l’espoir que nous serons à la hauteur
de tout ce qui nous attend.
Apporte-nous le courage de supporter ce qui ne peut être évité,
car Ta volonté est santé et intégrité;

Tu es Dieu et nous avons besoin de Toi.
A New Zealand Prayer Book

Mgr Bruce Myers
Évêque de Québec

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Directives mises à jour en réponse à COVID-19

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Chères amies, chers amis des diocèses de Québec et de Montréal,

Le 11 mars, l’Organisation mondiale de la Santé a officiellement déclaré que le COVID-19 est une pandémie. Ce même jour, le premier cas de coronavirus a été diagnostiqué sur le territoire du diocèse de Québec.

Par mesure de prudence et avec une volonté particulière de protéger les personnes les plus vulnérables à la propagation de ce virus, les mesures liturgiques suivantes doivent être mises en œuvre dans toutes les assemblées du diocèse de Québec et du diocèse de Montréal, et ce immédiatement et jusqu’à nouvel ordre :

  1. Le partage de la coupe commune doit être suspendu lors des célébrations de l’eucharistie. Le/la célébrant(e) doit consacrer à la fois le pain et le vin, communier aux deux espèces, mais administrer uniquement le pain consacré à l’assemblée. De même, lorsque la sainte communion est distribuée à partir de la réserve sacramentelle, seul le pain sera offert. Bien que la pratique préférée dans l’Église anglicane soit que tous les communiants reçoivent normalement à la fois le pain et le vin à l’eucharistie, l’Église enseigne également que nous participons quand même pleinement à la sainte communion en recevant « une seule espèce ». Les petites coupes individuelles de communion ne doivent pas être utilisées comme alternative à la coupe commune pendant cette période.
  2. Évitez tout contact physique lors de l’échange de paix et à l’offertoire. Normalement, pendant la liturgie, les membres de l’assemblée sont invités à échanger un signe de paix du Christ, qui prend généralement la forme d’une poignée de main ou d’une étreinte. Pour l’instant, veuillez plutôt échanger un simple salut et continuer à vous offrir verbalement la paix du Christ. De même, l’offrande doit être acceptée de manière à éviter que plusieurs personnes ne touchent le panier de collecte.

Veuillez également continuer à suivre les autres recommandations d’hygiène contenues dans les déclarations diocésaines publiées en février. Il s’agit notamment de veiller à ce qu’un désinfectant pour les mains soit disponible dans chaque église; aux président(e)s de se laver ou de se désinfecter les mains avant de distribuer la communion, et de rester à la maison si vous êtes malade.

Soyez également attentif aux conseils des responsables provinciaux et fédéraux de la santé publique, notamment en ce qui concerne les pratiques comme l’isolement social. Nous vous vous invitons à être particulièrement attentifs à tous les membres de nos communautés—en particulier les personnes âgées—qui peuvent se sentir particulièrement isolés et vulnérables pendant cette période et qui pourraient avoir besoin d’aide ou même d’un simple appel téléphonique.

Enfin, nous demandons vos prières pour ceux qui souffrent de cette maladie, pour les soignants, les professionnels de la santé, les responsables de la santé publique et ceux qui recherchent un traitement et un remède contre COVID-19. Priez également pour ceux dont les moyens de subsistance sont menacés par l’impact économique de cette pandémie. Que tout ce que nous dirons et ferons pendant cette période incertaine soit fondé sur la foi et l’espérance dans la providence de Dieu, et soit un reflet de la compassion et de l’amour du Christ.

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Déclaration concernant le COVID-19 au Québec

Bien chers frères et sœurs dans le Christ,

Ce soir, nous avons appris que le virus COVID-19 est maintenant présent au Québec. Bien qu'un seul cas n’ait été signalé jusqu’à maintenant, bon nombre d'entre nous se souviennent de la crise du SRAS et des précautions qui ont été requises pendant cette crise sanitaire.

Tout d'abord, nos prières s'adressent à ceux et celles qui ont été infectés par ce virus et à tous ceux et celles qui leur prodiguent des soins, en particulier les personnes qui se trouvent aux épicentres de cette épidémie en Chine, en Iran et en Italie. Les responsables de la santé publique au Québec surveillent la situation de près et fournissent des informations constamment mises à jour sur leur site Web: https://www.quebec.ca/sante/problemes-de-sante/a-z/coronavirus-2019/

Nous considérons qu’il est prudent d’examiner nos pratiques en matière de soins pastoraux et de culte public afin d’assurer la sécurité de tout le monde, en particulier de ceux et celles qui sont plus vulnérables en raison de leur âge ou d’incapacités, et afin d’apaiser les craintes qui pourraient se manifester.

Voici quelques éléments à considérer dans vos paroisses:

  • Mesures d'hygiène dans le cadre des soins pastoraux et du culte:
    • Assurer la disponibilité de désinfectant pour les mains dans l'espace de culte pour les paroissiens et pour ceux et celles qui sont impliqués dans la célébration de la liturgie
    • Ajouter une procédure de lavage des mains pour les célébrants avant d'administrer la communion
    • Utiliser une méthode de partage de la paix au sein des congrégations qui évite le contact physique
    • Assurer que les agents de pastorale prennent toutes les précautions d'hygiène personnelle requises avant et après les visites pastorales à l'hôpital et à domicile
    • Rappeler aux paroissiens qui sont malades, ou soupçonnent qu'ils ou elles peuvent l'être, de demeurer chez eux pour récupérer et de demander, à leur choix, de recevoir la communion à domicile ou une visite pastorale.
  • Si des inquiétudes sont exprimées concernant l’utilisation commune du calice lors de la communion:
    • Rappeler à tous et à toutes les modalités de notre théologie concernant la validité de la communion sous une seule espèce (pain ou vin uniquement)
    • Partager les informations nationales disponibles concernant la pratique eucharistique et les risques d'infection: https://www.anglican.ca/faith/worship/pir/euc-practice-infection/ (anglais seulement)
    • Alternatives à l’utilisation commune du calice:
      • Recevoir la communion sous une seule espèce (pain)
      • Toucher la base du calice tel que présenté mais sans consommer
      • Pratique de l’intinction par le célébrant (trempage du pain dans le vin consacré) – si un communiant désire utiliser cette méthode de communion, il ou elle peut simplement en informer le célébrant qui trempera le pain dans le vin et le placera sur leur langue.

Nous prions pour que notre vie communautaire, qui se manifeste dans le culte et les soins pastoraux, soit toujours basée sur la compassion du Christ et sur la considération mutuelle en ces temps d'incertitude.

Nous recommandons aux membres du clergé et aux leaders laïcs de se maintenir au courant des nouvelles locales, de consulter régulièrement le site Web du gouvernement du Québec et d’être diligents dans le suivi des courriels provenant du bureau diocésain sur cette question. Le présent communiqué est basé sur celui émis par notre Primat le 27 janvier 2020. 

Le vénérable Dr Edward Simonton OGS
Commissaire et vicaire général

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Charge épiscopale, Synode diocésain 2019

Mgr Bruce Myers OGS — 21 Novembre 2019, le Monastère des Augustines, Québec

Depuis que j’ai été appelé à servir en tant que votre évêque ( il y aura quatre ans la semaine prochaine!) la prière ci-dessous est devenue en quelque sorte mon « mantra »:  

Ô Dieu, tu as appelé tes serviteurs dans des périples dont nous ne voyons pas la fin, par des sentiers encore inexplorés, aux périls inconnus. Donne-nous la foi d’y aller vaillamment, sans savoir où nous allons, mais sachant que ta main nous guide et que ton amour nous soutient, par Jésus Christ notre Seigneur. Amen. 

L’une des raisons pour lesquelles j’aime cette prière est qu’elle est réaliste mais réconfortante, honnête mais pleine d’espoir. Elle ne nie pas les dures vérités, mais elle ne succombe pas non plus au pessimisme stérile. Elle a été écrite pendant la première partie du XXème siècle par un prêtre de l'Église d'Angleterre, Eric Milner-White, qui fut notamment un des fondateurs de la communauté religieuse à laquelle j'appartiens, l'Oratoire du Bon Pasteur. Comme beaucoup de bonnes prières qui viennent d'une autre époque et d'un autre endroit, elle semble avoir été écrite sur mesure pour nous, ici et maintenant. 

Cette prière commence par reconnaître que nous avons été appelés « à des périples dont nous ne voyons pas la fin ». Cependant, vous avez peut-être lu récemment des statistiques qui portent à croire que nous pouvons effectivement entrevoir la fin de l’entreprise qu’est l’Église anglicane du Canada. Des données récentes révèlent que notre confession nationale a perdu 50 % de ses membres au cours des 25 dernières années. Si cette tendance se maintient, il est prévu qu’il n’y aura plus d’anglicans au Canada en 2040. 

Je ne sais pas où vous serez dans 20 ans, mais — si Dieu le veut bien — je serai toujours dans les parages et je serai toujours un anglican; il en restera donc au moins un! Je soupçonne qu'il y en aura d'autres aussi. En fait, une réplique faite récemment à cette projection statistique a été la déclaration publique d’un certain nombre de jeunes anglicans canadiens : « Je ne m’en vais pas! » (« I’m not going anywhere! »). Et comme l'un de mes collègues évêques l'a si bien écrit la semaine dernière à propos de ces tristes statistiques, « L'église chrétienne a toujours été à une génération de l'extinction; notre situation n'est donc pas exceptionnelle. » 

La diminution de notre envergure en tant qu’église ne surprendra personne dans cette assemblée. Nous la constatons déjà chaque dimanche lorsque nous nous réunissons en congrégations dans ce vaste diocèse ou lorsque nous passons devant des églises désacralisées ayant jadis abrité des communautés anglicanes florissantes. En fait, nos rangs sont en baisse constante depuis le début des années soixante. C’est à cette époque que l’appartenance à l’Église anglicane du Canada et à un certain nombre d’autres confessions chrétiennes de ce pays a atteint son apogée - il y a près de 60 ans. 

Le diocèse de Québec ressent plus fortement les effets de cette décroissance car nous sommes une église historiquement anglophone située sur un territoire majoritairement francophone (et historiquement catholique), souvent au sein de communautés plus âgées du point de vue démographique, et nous nous trouvons dans une région du monde qui a connu et connaît encore un détachement généralisé particulièrement intense des pratiques religieuses de toutes sortes. Nous sommes donc peu nombreux et nous allons probablement le devenir encore plus. Mais nous savons que nous ne sommes pas seuls et, en tout cas, que ce n’est pas la fin de notre histoire. 

Une des premières choses que j’ai faites en installant mon bureau à Church House il y a quelques années a été d’afficher au mur une grande carte du diocèse de Québec, qui a une superficie de 720 000 kilomètres carrés. Et sur cette carte, j’ai placé une petite épingle de couleur pour chacune des congrégations du diocèse - toutes les 68. 

Après avoir mis les dernières épingles, j'ai pris du recul et j'ai regardé la carte avec un mélange d'étonnement et de panique: étonnement de constater comment le christianisme anglican s'était répandu pendant plus de deux siècles dans un territoire aussi vaste et aussi varié, et panique en me demandant comment est-ce que j'allais bien pouvoir aider ces communautés dispersées, toutes de taille plus que modeste. Nos propres statistiques nous disent que seulement un peu plus de 3 000 anglicans appartiennent à l’une des congrégations de notre diocèse et qu’environ 800 d’entre nous vont à l’église le dimanche. 

L'autre chose que j'ai constatée en regardant la carte, c'est que la couleur que j'avais inconsciemment choisie pour les épingles marquant les congrégations était le jaune, et j'ai tout de suite pensé que ça ressemblait à un essaim de graines de moutarde dispersées. 

Dans les évangiles, Jésus appelle les graines de moutarde , le sénevé, « la plus petite de toutes les semences ». Mais il dit aussi qu'une fois semées, elles ont le potentiel de devenir quelque chose de grand et de bon. Et une foi de la taille d'une graine de moutarde, dit Jésus, peut déplacer des montagnes. 

Et j'ai rencontré plusieurs excellents exemples de cette affirmation au cours de mes voyages à travers l’ensemble de notre diocèse au cours des dernières années : des communautés petites mais croyantes, des efforts modestes mais dévoués que chacun et chacune à sa manière ont offerts et qui ont été bénis par Dieu, et qui révèlent une partie du royaume de Dieu ici parmi nous. Comme l'a récemment déclaré un autre confrère: « L'église ne laisse pas sa faible fréquentation l'empêcher d'être un phare pour la communauté et un lieu vers lequel les gens se tourneront pour obtenir soutien et encouragement ». 

Je ne vais pas donner d’exemples précis maintenant, car au cours des deux prochains jours, nous entendrons le récit de quelques épisodes de soutien et d’encouragement vécus par des membres de notre famille diocésaine. Nous entendrons également un certain nombre d'invités spéciaux parler de certains de ces grains de sénevé qu'ils ont rencontrés dans les secteurs de l'église où qu'ils œuvrent. 

Nous voulons bien sûr que nos grains de sénevé se développent, mais la croissance, ce n'est pas seulement l'augmentation de l'assistance. Dans un passage de l'évangile de Luc, les disciples supplient Jésus, « d'augmenter notre foi! ». Ils ne lui demandent pas: « Augmente l'assistance! » Ou « Augmente nos dividendes! » - aussi bénéfiques qu'auraient pu être ces souhaits. Parce que de meilleurs chiffres, qu’ils figurent dans la colonne « Communiants » de nos livres de sacristie ou du côté « positif » de nos bilans paroissiaux, n’ont vraiment de sens que si nous sommes également en croissance dans nos vies de disciples chrétiens. 

C’est là quelque chose d’autre que j’ai régulièrement rencontré lors de mes visites auprès des anglicans de notre diocèse: un désir exprimé par plusieurs, à peu près partout, de mieux comprendre la foi chrétienne qu’ils professent, de croître spirituellement et de témoigner concrètement de leur foi en Jésus-Christ, tant individuellement comme chrétiens qu'en tant que congrégations. 

En tant que chrétiens, nous affirmons être un peuple qui, bien que vivant dans le monde, « n'appartient pas au monde ». Comme nous nous le rappellerons dimanche, fête du Christ-Roi, notre allégeance première n'est pas envers une couronne, un pays, une tribu, un parti politique, la famille ou même l'église. Notre loyauté primordiale est envers Dieu tel que révélé en Jésus-Christ et envers le royaume céleste que son incarnation a instauré et que nous, ses disciples d'aujourd'hui, avons la mission de révéler sur la terre. 

Afin de réaliser cette proposition, cette mission, radicales et à contre-culture, nous devons nécessairement nous comporter différemment de la culture dominante - « le monde » - que nous habitons. Et l’un des rôles de l’église est justement d'aider les chrétiens à faire cela, ainsi que le dit le théologien Stanley Hauerwas en décrivant l'église comme une institution « appelant les gens à être une alternative au monde », afin que nous puissions devenir « un peuple différent avec des habitudes et des pratiques différentes de celles du monde. » 

Ce qui est censé nous distinguer en tant que disciples de Jésus-Christ, ce ne sont pas nos édifices, nos rituels ou même nos doctrines. Ce qui est censé nous distinguer en tant que disciples de Jésus-Christ, c’est que nous faisons les choses différemment, selon une éthique différente: que ce soit la façon dont nous traitons les gens, notre manière de prendre des décisions, de gérer notre argent, de respecter l’environnement. Comme l’a dit Hauerwas, « l’église n’a pas pour objectif premier de favoriser une plus grande fréquentation; il s’agit d’être un peuple vivant dans un environnement hostile capable de soutenir le témoignage de Jésus de Nazareth, qui nous a proposé un mode de vie que nous savons être exaltant. » 

C'est pourquoi le premier terme utilisé dans le Nouveau Testament pour décrire les chrétiens est celui de « d'adeptes de la Voie ». Parce que, ainsi que le disait un moine anglican, le frère Geoffrey Tristram, « le christianisme n'a jamais été un corps de doctrine statique, mais plutôt un mode de vie dynamique. » C’est là que se trouve la signification du développement de notre discipline chrétienne: s'outiller pour vivre et annoncer plus efficacement l’Évangile de Jésus-Christ dans notre vie quotidienne et pour servir d’ambassadeurs et d'ambassadrices du Christ partout, en tout temps avec auprès de tout le monde. 

Pour notre église diocésaine, la tâche de former et d’équiper les disciples est, selon les mots de ma prière inaugurale, l’un de ces « sentiers encore inexplorés » - ou du moins c’est un sentier qui n’a pas été foulé beaucoup depuis quelque temps. Au fil des ans, nous avons collectivement consacré une grande partie de notre temps et de notre énergie à la gestion de la décroissance. Et même si nous devons continuer à être de bons intendants des bâtiments, des cimetières et des investissements qui nous ont été confiés - et à aider les congrégations qui souhaitent rester ouvertes et actives à le faire aussi longtemps qu'elles le pourront - nous devons également nous rappeler que survivre comme nous le faisons maintenant ne suffit pas. Dieu nous appelle à faire beaucoup plus. Nous devons nous rappeler que la tâche principale de l’église consiste à former et à équiper les disciples de Jésus-Christ pour qu’ils et elles contribuent au travail rédempteur de Dieu dans le monde. 

Et c’est un moment opportun pour nous en souvenir, car non seulement comptons nous déjà plusieurs personnes au sein de notre diocèse qui désirent être mieux équipées en tant que disciples de Jésus, mais les moyens de contribuer à les outiller sont à portée de main. Nous comptons déjà de formidables enseignants de la foi parmi les membres de notre clergé et de notre laïcat. Nous sommes en train de développer de nouveaux partenariats avec des centres de formation chrétienne ici au Québec et ailleurs. Même la technologie de communication requise (comme l’accès Internet haute vitesse) est maintenant disponible pour presque tous les anglicans du diocèse, quel que soit leur lieu de résidence. Nous avons déjà tout ce dont nous avons besoin pour que nos grains de sénevé se développent. 

Une partie de ce travail d'apostolat est déjà amorcée et mon souhait est ce travail ira grandissant dans les années à venir. Ce faisant, il est possible que nous constations que le fait d’être soucieux de notre croissance spirituelle peut également avoir un impact positif sur la croissance de la fréquentation, car de nouveaux fidèles pourraient être attirés par notre amour pour les uns et pour les autres, qui se veut refléter celui du Christ, et pour le monde qui nous entoure, car ce sont là les fruits de l'apostolat chrétien.

Notre rassemblement des prochains jours est, lui aussi, un autre sentier « encore inexploré ». Notre synode diocésain s'est réuni pour la dernière fois en 2015, date à laquelle il a été décidé d'apporter des modifications importantes à sa taille et à sa composition. Ce Synode regroupe donc environ moitié moins de personnes que le dernier; la représentation des laïcs est basée sur les doyennés et les régions, plutôt que sur les congrégations; et un nombre restreint des membres du clergé diocésain (10 au total) sont membres du Synode, plutôt que la totalité des membres actifs. Il s'agit, pour nous tous, d'une nouvelle façon de nous rencontrer. Nous solliciterons votre avis sur ce qui, selon vous, fonctionne bien - et ce qui fonctionne moins bien - et sur ce qui pourrait nécessiter des changements dans le futur. 

Ce Synode est également un peu différent en ce qu’il est relativement peu chargé sur le plan de la législation. Les canons et la constitution sont importants pour baliser notre vie commune en tant qu'église diocésaine, mais il en va de même pour la prière, l'étude de la Bible, la fraternité, ainsi que pour l'encouragement et la croissance mutuels - j'espère que c'est ainsi que nous profiterons du temps que nous passerons ensemble dans ce lieu: un espace consacré depuis quatre siècles à la prière, à l'étude de la Bible et à la fraternité chrétienne. 

Il y quatre ans, dans le processus du choix d’un nouvel évêque pour ce diocèse, les candidats avaient à décrire le type de leadership que nous avions l'intention d'apporter au diocèse (dans un maximum de 500 mots!). J'ai alors écrit (en partie) ce qui suit: « Je chercherais à offrir un leadership principalement défini par l'espoir. Notre église traverse des temps difficiles et, au milieu de ces difficultés, il est facile de succomber à ce que le pape François appelle « le pessimisme stérile » ou « le mauvais esprit du défaitisme ». Pourtant, en tant que chrétiens, nous sommes appelés à être un peuple d'espoir - l'espoir « sûr et certain », avéré et indubitable, de la résurrection du Christ et de la rédemption de toutes les choses, incluant l'église. » 

Au cours des quatre années écoulées depuis que j’ai écrit ces mots, j’avoue que le pessimisme et le défaitisme contre lesquels le pape François nous a mis en garde ont parfois été de réelles tentations, mais ces moments ont toujours été fugaces. Ils ont toujours cédé la place à l’espoir. 

Et j’ai vu de mes yeux de nombreux signes d’espoir au cours de ces premières années de service en tant que votre évêque, non seulement dans des projets et des initiatives, mais également parmi nos gens: 

  • au sein des membres fidèles et dévoués du clergé de ce diocèse;
  • au sein du personnel et des officiers diligents et engagés du Synode;
  • parmi les leaders laïcs de ce diocèse, qu’ils et elles œuvrent en tant que lecteurs, marguilliers, secrétaires, trésoriers, membres du Synode, membres des conseils exécutif ou de doyenné, musiciens, servants de messe, animateurs de l’école du dimanche ou de groupes de jeunes, dans les ligues féminines ou de maintien de matériel d'autel;
  • chez les personnes dévouées qui n’occupent aucune charge ou fonction particulière, mais qui forment la colonne vertébrale fidèle, semaine après semaine, représentant le corps du Christ dans ce diocèse.

Vous êtes non seulement des témoignages vivants d'espoir, mais je vous dois aussi mes sincères remerciements pour tout ce que vous faites, et c'est un privilège que de vous servir et de servir avec vous. 

Il semble opportun, dans ce lieu sacré particulier où nous sommes réunis ce soir, de citer une fois de plus l'évêque de Rome, car le pape François passe beaucoup de temps à parler d'espoir. L'espoir chrétien, dit-il, « n'a pas peur de voir la réalité telle qu'elle est et d'en accepter les contradictions. [...] Cet espoir nous invite à entrer dans les ténèbres d’un avenir incertain et à nous diriger vers la lumière. » L’espoir chrétien n’est pas un vague souhait optimiste que les choses se passent bien. « L’espérance chrétienne, dit le pape François, est l’attente d'une chose qui a déjà été réalisée ». 

Ce qui a été réalisé, c’est la victoire du Christ sur les puissances du mal - y compris même la mort - à travers la vie, la mort, la résurrection et l’ascension de Jésus. Ce qui a été réalisé est la promesse du Christ que même les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre son église. Cela n’est-il pas libérateur? Nous nous soucions bien sûr de l’avenir de l’Église, mais nous n’avons pas à nous sentir coupables ou inquiets pour son avenir, car dans le Christ, l’avenir de l’Église - en fait, l’avenir de toute la création - a déjà été assuré de manière ultime. 

Cela nous permet de nous libérer afin de canaliser notre énergie et nos ressources à tenter de rester fidèles à la mission de l’église, qui aide à rendre tangible l’avenir de Dieu. Que l’église que nous connaissons survive encore 20 ans ou 20 siècles importe peu, car notre espoir chrétien et notre appel chrétien ne changeront pas. 

Ensemble, nous avons été appelés à un « périple (venture) dont nous ne voyons pas la fin ». Une définition du terme anglais « venture » dans le dictionnaire est « un voyage, ou une entreprise, risqué ou audacieux ». Ainsi, plutôt que d'être prudents, quels risques pouvons-nous prendre pour l'amour du Christ? Plutôt que de nous épuiser en essayant de perpétuer une manière d’être l’église qui ne correspond plus à notre réalité, quels nouveaux et audacieux voyages pouvons-nous entreprendre pour le bien du monde? 

Si vous ajoutez deux lettres à « venture » (périple), vous obtenez « adventure » (aventure) et c’est ainsi que le christianisme a parfois été décrit: comme une aventure. Une aventure se définit comme « une expérience ou une activité inhabituelle et excitante, généralement hasardeuse ». Quelle expérience ou activité pourrait être plus inhabituelle, excitante ou potentiellement hasardeuse que de développer et d'équiper des disciples de Jésus-Christ pour qu'ils et elles soient ses témoins, qu'ils et elles représentent la Bonne Nouvelle , révèlent le royaume de paix, de justice et de réconciliation de Dieu aux quatre coins du diocèse où nous sommes toujours présents? 

Il ne m’est pas possible d’entrevoir la fin du périple (venture) ou de l’aventure (adventure) auquel Dieu nous appelle. Je ne connais pas le chemin que nous devrons emprunter ni comment nous allons faire face à de nombreux périls encore inconnus. Mais j’ai la foi - une foi si forte que même si je ne sais pas, je n’ai pas besoin de savoir, car il y a quelqu'un dont la main nous guide et dont l’amour nous soutient, alors que nous voyageons ensemble à travers l’inconnu remplis d'un espoir « sûr et certain », avéré et indubitable.


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Dans les petits pots les meilleurs onguents

DE L’ÉVÊQUE

Par Mgr Bruce Myers OGS

Le mois dernier, quelques-uns d’entre nous du diocèse de Québec ont eu l’occasion formidable de faire une brève visite au diocèse de Moray, Ross et Caithness au sein de l’Église épiscopale écossaise.

Entre 2009 et 2015, nos deux diocèses, ainsi que le diocèse de Bujumbura au Burundi, ont été liés par un accord officiel d’association dûment régi par une convention signée par les évêques diocésains de l’époque. Même si cette entente a pris fin il y a quelques années, les liens d’affection entre nos diocèses ont été maintenus et pour la première fois, j’ai eu l’opportunité de rendre visite à nos frères et sœurs écossais anglicans. J’y ai rencontré une famille diocésaine et un ministère contextuel très semblables au nôtres au Québec.

Moray, Ross et Caithness constitue—selon les standards britanniques—un diocèse géographiquement vaste, couvrant le quart nord de l’Écosse continentale (qui elle-même pourrait s’insérer neuf fois dans le territoire du diocèse de Québec). Les quelque 40 congrégations du diocèse sont éparpillées dans l’étendue des Highlands écossais, et desservies par une vingtaine de membres du clergé, dont moins de la moitié œuvrent à temps plein et dont la plupart officient auprès de plusieurs congrégations. Un service religieux typique réunit de 10 à 20 fidèles, en partie parce que les anglicans ne représentent qu’une infime minorité en Écosse, qui bien qu’historiquement chrétienne, se sécularise rapidement. Ce tableau vous semble-t-il familier?

L’un des constats que j’ai pu faire en Écosse, c’est que ce bien que les anglicans de Moray, Ross et Caithness soient peu nombreux, ils compensent largement au niveau de leur foi—un autre trait commun entre nos diocèses. Les personnes qui composent le corps du Christ dans nos diocèses respectifs sont extrêmement engagées et profondément fidèles, même si leur nombre est restreint.

Il y a quelques semaines, l’évangile du dimanche nous rappelait qu’une foi de la taille d’un grain de moutarde (« la plus petite de toutes les semences ») peut accomplir des choses significatives et importantes pour nous permettre de découvrir le royaume de Dieu parmi nous.

Dans cette même lecture de l’Évangile, les disciples de Jésus le priaient « d’augmenter notre foi! ». Ils n’ont pas dit: « Augmente l’assistance! ». Nous souhaiterions bien sûr que davantage de personnes se joignent à nos églises. Cependant, nous cherchons également à nourrir la foi de ceux qui font déjà partie de nos églises locales et à vivre cette foi chaque jour, bien qu’ils soient peu nombreux.

Jésus nous encourage quand il dit que la petitesse ne limite pas notre potentiel de réaliser de grandes choses pour la venue du royaume de Dieu. Et ça, c’est une bonne nouvelle pour les anglicans vivant dans des endroits comme le Québec ou les Highlands d’Écosse. Comme l’a récemment déclaré Stephen Conway, évêque de l’Église d’Angleterre, « L’église ne laisse pas sa faible fréquentation l’empêcher d’être un phare pour la communauté et un lieu vers lequel les gens se tournent pour obtenir soutien et encouragement. »

Alors que notre propre famille diocésaine du Québec se réunira en Synode plus tard ce mois-ci, nous entendrons conter comment certaines de nos petites congrégations de l’est et du centre du Québec ont été des lieux de soutien et d’encouragement pour leurs communautés. J’espère que tout notre diocèse sera encouragé à son tour que même le plus petit effort de foi sera béni de Dieu et qu’il pourra porter fruit pour la venue du royaume de Dieu.

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Voter selon sa foi

DE L’ÉVÊQUE

Par Mgr Bruce Myers OGS

Plus tard ce mois-ci, les citoyens canadiens bénéficieront d’une nouvelle opportunité de décider qui nous représentera à la Chambre des communes à Ottawa et du genre de gouvernement qui sera chargé de prendre des décisions importantes concernant notre vie commune en tant que nation.

Pour guider votre réflexion quant au choix du candidat ou de la candidate auquel vous accorderez votre vote, je vous invite à utiliser le filtre de notre engagement de baptême, qui est l’un des guides de notre vie dans le Christ.

Par exemple, lorsque vous examinez le programme d’un parti politique ou que vous écoutez les déclarations d’un ou d’une candidate, vous pouvez vous demander si leurs engagements proposent de « lutter pour la justice et la paix parmi tous les peuples et à respecter la dignité de la personne humaine. » Est-ce que leurs propositions les obligeront « à protéger la création de Dieu dans son intégrité, et à respecter, soutenir et renouveler la vie de la Terre »?

Les cinq marques de la Mission de la Communion anglicane, qui tirent leur origine de nos promesses de baptême, peuvent également être la source de bonnes questions à poser. Les candidats proposent-ils de « répondre par amour aux besoins humains » ou de « s’efforcer de transformer toutes structures injustes de la société, confronter toutes violences et rechercher la paix et la réconciliation » ?

Lorsque nous votons, nous le faisons en tant que citoyens de double nationalité.

C’est notre citoyenneté dans une juridiction terrestre particulière—dans le cas présent, la fédération qu’est le Canada—qui nous autorise à exercer notre droit de vote le 21 octobre. Mais lorsque nous complétons (ou annulons) notre bulletin de vote, nous le faisons aussi en reconnaissant que « notre citoyenneté est dans le ciel » (Philippiens 3:20).

Cela signifie que nos décisions en tant qu’électeurs et électrices seront nécessairement informées et guidées par notre foi. Nous ne laissons pas nos convictions chrétiennes sur le pas de la porte du bureau de scrutin. Nous essayons plutôt de vivre dans l’inconfortable tension de notre double citoyenneté—d’un pays terrestre et d’un royaume céleste—en reconnaissant toujours que notre allégeance première n’est pas envers un État, mais pour le Christ Roi.

En tant que disciples de Jésus, nous sommes appelés à révéler un peu de ce royaume céleste parmi nous sur la Terre, ici et aujourd’hui. Cherchez à déterminer quel parti, quel candidat ou candidate pourrait le mieux nous aider à faire ce travail, puis votez selon votre foi.

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Synode général, réalisations et mariage

DE L’ÉVÊQUE

Par Mgr Bruce Myers OGS

Pendant une semaine en juillet dernier, des centaines de personnes de partout au pays se sont réunies à Vancouver pour le 42ème Synode général de l’Église anglicane du Canada.

Les rassemblements d’églises nationales comme notre Synode général sont souvent décrits comme « un mélange d’assemblée législative, de Réveil spirituel, de marché public et de réunion de famille » — et toutes ces descriptions correspondent plutôt bien à ce qui s’est déroulé lors de nos longues journées bien remplies à Vancouver.

Plusieurs réalisations importantes sont à signaler. Notre église a officiellement présenté des excuses pour les abus spirituels infligés aux membres des Premières nations, aux Inuits et aux Métis au cours de l’ère de l’expansion coloniale, en particulier par le biais du système de pensionnats indiens. Nous avons autorisé la création de nouvelles structures destinées à faire avancer l’autodétermination des peuples autochtones au sein de notre église. Nous avons choisi un nouveau primat, l’archevêque Linda Nicholls. Nous avons réaffirmé notre engagement en faveur de l’unité de l’église, en particulier dans nos relations avec les luthériens et avec l’Église Unie du Canada. Des liens interreligieux importants ont été renforcés avec les juifs et les musulmans.

Le Synode général a également poursuivi ses discussions sur la question de savoir s’il fallait modifier le droit canonique de notre église concernant le mariage afin d’y inclure les couples de même sexe. Bien que la proposition d’approuver le mariage entre personnes de même sexe au sein de notre église ait reçu le soutien de plus de 70% des membres du Synode général — y compris tous les membres du diocèse de Québec — elle n’a pas obtenu le nombre de voix requis parmi les évêques, et la motion a donc été défaite.

Cette décision a profondément blessé de nombreuses personnes au sein de notre église, en particulier un nombre important de chrétiens LGBTQ2S+ qui ont été et qui sont encore de fervents membres et leaders dans toutes les expressions possibles de l’Église anglicane du Canada, y compris dans le diocèse de Québec.

Après la décision du Synode général, mes confrères évêques et moi-même avons émis une déclaration reconnaissant que, même si nous ne sommes pas du même avis sur la question spécifique du mariage entre personnes de même sexe, nous sommes néanmoins « en train d’évoluer ensemble de manière à laisser à chaque diocèse et à chaque juridiction de notre église la latitude de procéder avec le mariage entre personnes de même sexe en fonction du contexte et des convictions qui leur sont propres, un processus parfois décrit comme « l’option locale ». »

En tant que membres du diocèse de Québec, nous aurons bientôt l’occasion de discuter des conséquences des délibérations du Synode général sur le mariage entre personnes de même sexe lorsque nous nous rassemblerons pour notre propre Synode en novembre prochain. Ce ne sera pas la première fois que nous aborderons ce sujet en tant qu’église diocésaine. En 2007, le Groupe de travail diocésain sur la sexualité humaine avait tenu une vaste consultation portant spécifiquement sur le mariage entre personnes de même sexe. En 2012, notre Synode diocésain a autorisé la bénédiction de ces unions.

Dans le cours de ses discussions, le Synode général a adopté sans équivoque une série d’affirmations importantes. Nous avons convenu qu’il existe actuellement « une diversité d’interprétations et d’enseignements sur le mariage au sein de l’Église anglicane du Canada, et nous reconnaissons la fervente intégrité avec laquelle ces interprétations et enseignements sont tenus ». En même temps, nous affirmons « notre engagement à présumer de la bonne foi de ceux et celles qui ont des interprétations et des enseignements différents et qui tiennent à en maintenir la présence au sein de l’église. »

Ma prière est que ces affirmations puissent nous guider dans toutes les conversations que notre synode diocésain pourrait avoir sur le sujet du mariage entre personnes de même sexe, de sorte que nous nous traitions les uns les autres « en toute humilité et douceur, avec patience, nous soutenant les uns les autres avec amour, en ayant soin de maintenir l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix. » (Éphésiens 4: 2-3).

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Le diocèse accueille quatre nouveau membres de l’équipe

Mgr Bruce Myers est heureux d’annoncer la nomination de quatre nouvelles personnes douées et impliquées qui apporteront leur contribution aux ministères de la communication et de l’administration du diocèse de Québec.

Matthew Townsend, missionnaire aux communications
En tant que missionnaire aux communications, Matthew Townsend agira en tant que rédacteur en chef de la Gazette diocésaine, sera responsable du contenu du site Web du diocèse et de notre présence sur les médias sociaux, et soutiendra les dirigeants diocésains et les congrégations afin de les inciter à partager les histoires sur leur vie et leur travail. Diplômé en journalisme de la University of South Florida, Matthew a occupé différents postes en rédaction, en journalisme et en développement Web auprès de diverses organisations, notamment à The Living Church, au diocèse épiscopal de Rochester et au diocèse épiscopal de la Floride centrale. Actuellement basé à Halifax en Nouvelle-Écosse, il est également superviseur éditorial du Anglican Journal et membre de l’église St. Paul’s. On pourra rejoindre Matthew à communications@quebec.anglican.ca.

Jody Robinson, archiviste
Les archives diocésaines, situées à l’Université Bishop’s de Lennoxville, seront confiées à Judy Robinson. Après avoir obtenu un baccalauréat ès arts à Bishop’s, elle a poursuivi des études de maîtrise en histoire à l’Université de Sherbrooke. Elle a également travaillé comme archiviste pour le Centre de ressources pour l’étude des Cantons-de-l’Est, un organisme voué à la préservation du patrimoine des Cantons-de-l’Est. Pendant plus d’une décennie, Jody a travaillé sur des projets spéciaux auprès de nombreuses organisations de conservation du patrimoine, ainsi qu’en tant que consultante en archivistique. Jody a également siégé aux conseils d’administration de divers organismes patrimoniaux et communautaires et est actuellement vice-présidente du Réseau du patrimoine anglophone du Québec. L’adresse de contact de Jody sera jrobinson@quebec.anglican.ca.

Sean Otto, registraire pro tempore
En tant que registraire diocésain, Sean Otto sera chargé de veiller à ce que tous les registres officiels du diocèse—des registres fonciers aux registres paroissiaux—soient correctement complétés, enregistrés et entreposés. Actuellement registraire de l’Institut national de la recherche scientifique à Québec, il a précédemment occupé le poste de registraire adjoint au Wycliffe College de l’Université de Toronto. Sean est titulaire d’un doctorat en histoire et en théologie de la University of St. Michael’s College de l’Université de Toronto et il est également diplômé du Wycliffe College et de l’Université Dalhousie. Il est paroissien à la cathédrale Holy Trinity. La nomination de Sean à titre de registraire est provisoire jusqu’à ce que le Synode diocésain prévu en novembre fasse une nomination permanente. Les coordonnées pour rejoindre Sean sont sotto@quebec.anglican.ca.

Isabelle Morin, adjointe exécutive
La gestion quotidienne des activités administratives au bureau du Synode à Québec sera supervisée par Isabelle Morin, qui assumera la fonction d’adjointe exécutive à temps partiel. Elle est titulaire d’un diplôme en administration des affaires de l’Université du Québec à Montréal et a travaillé pendant plusieurs années en tant que gestionnaire dans le secteur de l’hôtellerie. Plus récemment, Isabelle a fait profiter de ses talents comme désigner d'intérieurs. Elle pourra être rejointe à l’adresse imorin@quebec.anglican.ca

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Lettre ouverte au Premier ministre du Québec concernant le projet de loi 21

L’honorable François Legault
Premier ministre du Québec
Édifice Honoré-Mercier, 3e étage
835, boul. René-Lévesque Est
Québec, QC  G1A 1B4

Monsieur le Premier Ministre,

En tant que représentants de l’Église anglicane, présente et active au Québec depuis plus de 250 ans, nous nous sentons obligés de répondre à votre lettre ouverte, publiée dans plusieurs quotidiens du Québec, lundi, le 1er avril 2019.

Nous partageons votre conviction que « dans une société dite laïque, ce que nous sommes depuis la Révolution tranquille, le gros bon sens veut que la religion n’interfère pas dans les affaires de l’État. Et l’inverse non plus. » Nous partageons également votre observation selon laquelle « La laïcité respecte la liberté de conscience et de religion. Chaque personne est libre de pratiquer la religion de son choix, ou encore de n’en pratiquer aucune. »

Cependant, au lieu de maintenir un état neutre sur le plan religieux, le projet de loi 21, Loi sur la laïcité de l’État, légiférerait en fait sur le type même d’ingérence gouvernementale dans le domaine de la religion à laquelle vous prétendez vous opposer.

En tant que Chrétiens, nous croyons que la terre et ses créatures ont une relation durable avec leur Créateur. Chercher à participer et à exprimer cette relation sous une forme ou une autre fait partie de l’être humain. Pour certains, cela signifie porter des symboles ou des vêtements religieux, tels un hijab, une kippa ou une croix, objets qui peuvent être intrinsèques à la pratique de la foi et qui ne peuvent pas être enlevés et remis selon l’occasion.

Nous adhérons également à la vision du Québec en tant qu’état laïc pluraliste ne privilégiant aucune religion particulière, tout en créant l’espace dans lequel les Québécois et les Québécoises de toutes traditions religieuses (ou aucune), peuvent participer pleinement à la vie publique et contribuer au bien commun, y compris comme fonctionnaires.

Nous apprécions votre récent appel pour que le débat autour de ce projet de loi soit mené de manière respectueuse et sans division. Cependant, nous savons trop bien que des projets de loi tels que le projet de loi 21 risquent de contribuer à un climat de suspicion et de crainte d’autrui, notamment des Québécois et Québécoises de tradition musulmane, à un moment où nous avons besoin que notre gouvernement aide à protéger nos prochains plutôt que de les cibler davantage inutilement. L’horrible assassinat de masse perpétré à la Grande Mosquée de Québec en 2017 nous invite à nous questionner sur la façon dont nos débats pourraient attiser la peur et mettre en danger la vie des gens.

Nous sommes d’accord avec vous, monsieur le premier ministre, qu’il est temps que la société québécoise avance dans ce dossier. Cependant, notre propre expérience nous a appris qu’il existe un autre moyen de le faire.

L’un des principes de dialogue de notre église avec les personnes d’autres religions est de « rencontrer les gens eux-mêmes et de connaître leurs traditions ». Cela reflète aussi le gros bon sens et nous a aidés à modifier des attitudes, à remettre en question les stéréotypes et à nouer de nouvelles relations avec ces personnes.

Nous avons été enrichis et bénis, et non appauvris ou menacés, par des échanges face à face avec ces prochains devenus amis. Ce n’est qu’en exposant nos différences honnêtement et ouvertement, au lieu de les cacher ou de les supprimer, que nous pouvons espérer construire un Québec véritablement laïc et pluraliste qui offrira à tous ses citoyens la possibilité de s’épanouir.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de nos sentiments distingués.
La très révérende Mary Irwin-Gibson
Évêque de Montréal          
Le très révérend Bruce Myers
Évêque de Québec
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Une lettre de Mgr Bruce

Mgr Bruce écrit : « Je voudrais attirer votre attention sur deux questions particulièrement importantes dans la vie commune de notre famille diocésaine. L’une concerne une autre importante réunion de notre église; la seconde concerne notre responsabilité collective de protéger les personnes vulnérables qui vivent parmi nous. »

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