Voter selon sa foi

DE L’ÉVÊQUE

Par Mgr Bruce Myers OGS

Plus tard ce mois-ci, les citoyens canadiens bénéficieront d’une nouvelle opportunité de décider qui nous représentera à la Chambre des communes à Ottawa et du genre de gouvernement qui sera chargé de prendre des décisions importantes concernant notre vie commune en tant que nation.

Pour guider votre réflexion quant au choix du candidat ou de la candidate auquel vous accorderez votre vote, je vous invite à utiliser le filtre de notre engagement de baptême, qui est l’un des guides de notre vie dans le Christ.

Par exemple, lorsque vous examinez le programme d’un parti politique ou que vous écoutez les déclarations d’un ou d’une candidate, vous pouvez vous demander si leurs engagements proposent de « lutter pour la justice et la paix parmi tous les peuples et à respecter la dignité de la personne humaine. » Est-ce que leurs propositions les obligeront « à protéger la création de Dieu dans son intégrité, et à respecter, soutenir et renouveler la vie de la Terre »?

Les cinq marques de la Mission de la Communion anglicane, qui tirent leur origine de nos promesses de baptême, peuvent également être la source de bonnes questions à poser. Les candidats proposent-ils de « répondre par amour aux besoins humains » ou de « s’efforcer de transformer toutes structures injustes de la société, confronter toutes violences et rechercher la paix et la réconciliation » ?

Lorsque nous votons, nous le faisons en tant que citoyens de double nationalité.

C’est notre citoyenneté dans une juridiction terrestre particulière—dans le cas présent, la fédération qu’est le Canada—qui nous autorise à exercer notre droit de vote le 21 octobre. Mais lorsque nous complétons (ou annulons) notre bulletin de vote, nous le faisons aussi en reconnaissant que « notre citoyenneté est dans le ciel » (Philippiens 3:20).

Cela signifie que nos décisions en tant qu’électeurs et électrices seront nécessairement informées et guidées par notre foi. Nous ne laissons pas nos convictions chrétiennes sur le pas de la porte du bureau de scrutin. Nous essayons plutôt de vivre dans l’inconfortable tension de notre double citoyenneté—d’un pays terrestre et d’un royaume céleste—en reconnaissant toujours que notre allégeance première n’est pas envers un État, mais pour le Christ Roi.

En tant que disciples de Jésus, nous sommes appelés à révéler un peu de ce royaume céleste parmi nous sur la Terre, ici et aujourd’hui. Cherchez à déterminer quel parti, quel candidat ou candidate pourrait le mieux nous aider à faire ce travail, puis votez selon votre foi.

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Synode général, réalisations et mariage

DE L’ÉVÊQUE

Par Mgr Bruce Myers OGS

Pendant une semaine en juillet dernier, des centaines de personnes de partout au pays se sont réunies à Vancouver pour le 42ème Synode général de l’Église anglicane du Canada.

Les rassemblements d’églises nationales comme notre Synode général sont souvent décrits comme « un mélange d’assemblée législative, de Réveil spirituel, de marché public et de réunion de famille » — et toutes ces descriptions correspondent plutôt bien à ce qui s’est déroulé lors de nos longues journées bien remplies à Vancouver.

Plusieurs réalisations importantes sont à signaler. Notre église a officiellement présenté des excuses pour les abus spirituels infligés aux membres des Premières nations, aux Inuits et aux Métis au cours de l’ère de l’expansion coloniale, en particulier par le biais du système de pensionnats indiens. Nous avons autorisé la création de nouvelles structures destinées à faire avancer l’autodétermination des peuples autochtones au sein de notre église. Nous avons choisi un nouveau primat, l’archevêque Linda Nicholls. Nous avons réaffirmé notre engagement en faveur de l’unité de l’église, en particulier dans nos relations avec les luthériens et avec l’Église Unie du Canada. Des liens interreligieux importants ont été renforcés avec les juifs et les musulmans.

Le Synode général a également poursuivi ses discussions sur la question de savoir s’il fallait modifier le droit canonique de notre église concernant le mariage afin d’y inclure les couples de même sexe. Bien que la proposition d’approuver le mariage entre personnes de même sexe au sein de notre église ait reçu le soutien de plus de 70% des membres du Synode général — y compris tous les membres du diocèse de Québec — elle n’a pas obtenu le nombre de voix requis parmi les évêques, et la motion a donc été défaite.

Cette décision a profondément blessé de nombreuses personnes au sein de notre église, en particulier un nombre important de chrétiens LGBTQ2S+ qui ont été et qui sont encore de fervents membres et leaders dans toutes les expressions possibles de l’Église anglicane du Canada, y compris dans le diocèse de Québec.

Après la décision du Synode général, mes confrères évêques et moi-même avons émis une déclaration reconnaissant que, même si nous ne sommes pas du même avis sur la question spécifique du mariage entre personnes de même sexe, nous sommes néanmoins « en train d’évoluer ensemble de manière à laisser à chaque diocèse et à chaque juridiction de notre église la latitude de procéder avec le mariage entre personnes de même sexe en fonction du contexte et des convictions qui leur sont propres, un processus parfois décrit comme « l’option locale ». »

En tant que membres du diocèse de Québec, nous aurons bientôt l’occasion de discuter des conséquences des délibérations du Synode général sur le mariage entre personnes de même sexe lorsque nous nous rassemblerons pour notre propre Synode en novembre prochain. Ce ne sera pas la première fois que nous aborderons ce sujet en tant qu’église diocésaine. En 2007, le Groupe de travail diocésain sur la sexualité humaine avait tenu une vaste consultation portant spécifiquement sur le mariage entre personnes de même sexe. En 2012, notre Synode diocésain a autorisé la bénédiction de ces unions.

Dans le cours de ses discussions, le Synode général a adopté sans équivoque une série d’affirmations importantes. Nous avons convenu qu’il existe actuellement « une diversité d’interprétations et d’enseignements sur le mariage au sein de l’Église anglicane du Canada, et nous reconnaissons la fervente intégrité avec laquelle ces interprétations et enseignements sont tenus ». En même temps, nous affirmons « notre engagement à présumer de la bonne foi de ceux et celles qui ont des interprétations et des enseignements différents et qui tiennent à en maintenir la présence au sein de l’église. »

Ma prière est que ces affirmations puissent nous guider dans toutes les conversations que notre synode diocésain pourrait avoir sur le sujet du mariage entre personnes de même sexe, de sorte que nous nous traitions les uns les autres « en toute humilité et douceur, avec patience, nous soutenant les uns les autres avec amour, en ayant soin de maintenir l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix. » (Éphésiens 4: 2-3).

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Le diocèse accueille quatre nouveau membres de l’équipe

Mgr Bruce Myers est heureux d’annoncer la nomination de quatre nouvelles personnes douées et impliquées qui apporteront leur contribution aux ministères de la communication et de l’administration du diocèse de Québec.

Matthew Townsend, missionnaire aux communications
En tant que missionnaire aux communications, Matthew Townsend agira en tant que rédacteur en chef de la Gazette diocésaine, sera responsable du contenu du site Web du diocèse et de notre présence sur les médias sociaux, et soutiendra les dirigeants diocésains et les congrégations afin de les inciter à partager les histoires sur leur vie et leur travail. Diplômé en journalisme de la University of South Florida, Matthew a occupé différents postes en rédaction, en journalisme et en développement Web auprès de diverses organisations, notamment à The Living Church, au diocèse épiscopal de Rochester et au diocèse épiscopal de la Floride centrale. Actuellement basé à Halifax en Nouvelle-Écosse, il est également superviseur éditorial du Anglican Journal et membre de l’église St. Paul’s. On pourra rejoindre Matthew à communications@quebec.anglican.ca.

Jody Robinson, archiviste
Les archives diocésaines, situées à l’Université Bishop’s de Lennoxville, seront confiées à Judy Robinson. Après avoir obtenu un baccalauréat ès arts à Bishop’s, elle a poursuivi des études de maîtrise en histoire à l’Université de Sherbrooke. Elle a également travaillé comme archiviste pour le Centre de ressources pour l’étude des Cantons-de-l’Est, un organisme voué à la préservation du patrimoine des Cantons-de-l’Est. Pendant plus d’une décennie, Jody a travaillé sur des projets spéciaux auprès de nombreuses organisations de conservation du patrimoine, ainsi qu’en tant que consultante en archivistique. Jody a également siégé aux conseils d’administration de divers organismes patrimoniaux et communautaires et est actuellement vice-présidente du Réseau du patrimoine anglophone du Québec. L’adresse de contact de Jody sera jrobinson@quebec.anglican.ca.

Sean Otto, registraire pro tempore
En tant que registraire diocésain, Sean Otto sera chargé de veiller à ce que tous les registres officiels du diocèse—des registres fonciers aux registres paroissiaux—soient correctement complétés, enregistrés et entreposés. Actuellement registraire de l’Institut national de la recherche scientifique à Québec, il a précédemment occupé le poste de registraire adjoint au Wycliffe College de l’Université de Toronto. Sean est titulaire d’un doctorat en histoire et en théologie de la University of St. Michael’s College de l’Université de Toronto et il est également diplômé du Wycliffe College et de l’Université Dalhousie. Il est paroissien à la cathédrale Holy Trinity. La nomination de Sean à titre de registraire est provisoire jusqu’à ce que le Synode diocésain prévu en novembre fasse une nomination permanente. Les coordonnées pour rejoindre Sean sont sotto@quebec.anglican.ca.

Isabelle Morin, adjointe exécutive
La gestion quotidienne des activités administratives au bureau du Synode à Québec sera supervisée par Isabelle Morin, qui assumera la fonction d’adjointe exécutive à temps partiel. Elle est titulaire d’un diplôme en administration des affaires de l’Université du Québec à Montréal et a travaillé pendant plusieurs années en tant que gestionnaire dans le secteur de l’hôtellerie. Plus récemment, Isabelle a fait profiter de ses talents comme désigner d'intérieurs. Elle pourra être rejointe à l’adresse imorin@quebec.anglican.ca

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Lettre ouverte au Premier ministre du Québec concernant le projet de loi 21

L’honorable François Legault
Premier ministre du Québec
Édifice Honoré-Mercier, 3e étage
835, boul. René-Lévesque Est
Québec, QC  G1A 1B4

Monsieur le Premier Ministre,

En tant que représentants de l’Église anglicane, présente et active au Québec depuis plus de 250 ans, nous nous sentons obligés de répondre à votre lettre ouverte, publiée dans plusieurs quotidiens du Québec, lundi, le 1er avril 2019.

Nous partageons votre conviction que « dans une société dite laïque, ce que nous sommes depuis la Révolution tranquille, le gros bon sens veut que la religion n’interfère pas dans les affaires de l’État. Et l’inverse non plus. » Nous partageons également votre observation selon laquelle « La laïcité respecte la liberté de conscience et de religion. Chaque personne est libre de pratiquer la religion de son choix, ou encore de n’en pratiquer aucune. »

Cependant, au lieu de maintenir un état neutre sur le plan religieux, le projet de loi 21, Loi sur la laïcité de l’État, légiférerait en fait sur le type même d’ingérence gouvernementale dans le domaine de la religion à laquelle vous prétendez vous opposer.

En tant que Chrétiens, nous croyons que la terre et ses créatures ont une relation durable avec leur Créateur. Chercher à participer et à exprimer cette relation sous une forme ou une autre fait partie de l’être humain. Pour certains, cela signifie porter des symboles ou des vêtements religieux, tels un hijab, une kippa ou une croix, objets qui peuvent être intrinsèques à la pratique de la foi et qui ne peuvent pas être enlevés et remis selon l’occasion.

Nous adhérons également à la vision du Québec en tant qu’état laïc pluraliste ne privilégiant aucune religion particulière, tout en créant l’espace dans lequel les Québécois et les Québécoises de toutes traditions religieuses (ou aucune), peuvent participer pleinement à la vie publique et contribuer au bien commun, y compris comme fonctionnaires.

Nous apprécions votre récent appel pour que le débat autour de ce projet de loi soit mené de manière respectueuse et sans division. Cependant, nous savons trop bien que des projets de loi tels que le projet de loi 21 risquent de contribuer à un climat de suspicion et de crainte d’autrui, notamment des Québécois et Québécoises de tradition musulmane, à un moment où nous avons besoin que notre gouvernement aide à protéger nos prochains plutôt que de les cibler davantage inutilement. L’horrible assassinat de masse perpétré à la Grande Mosquée de Québec en 2017 nous invite à nous questionner sur la façon dont nos débats pourraient attiser la peur et mettre en danger la vie des gens.

Nous sommes d’accord avec vous, monsieur le premier ministre, qu’il est temps que la société québécoise avance dans ce dossier. Cependant, notre propre expérience nous a appris qu’il existe un autre moyen de le faire.

L’un des principes de dialogue de notre église avec les personnes d’autres religions est de « rencontrer les gens eux-mêmes et de connaître leurs traditions ». Cela reflète aussi le gros bon sens et nous a aidés à modifier des attitudes, à remettre en question les stéréotypes et à nouer de nouvelles relations avec ces personnes.

Nous avons été enrichis et bénis, et non appauvris ou menacés, par des échanges face à face avec ces prochains devenus amis. Ce n’est qu’en exposant nos différences honnêtement et ouvertement, au lieu de les cacher ou de les supprimer, que nous pouvons espérer construire un Québec véritablement laïc et pluraliste qui offrira à tous ses citoyens la possibilité de s’épanouir.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de nos sentiments distingués.
La très révérende Mary Irwin-Gibson
Évêque de Montréal          
Le très révérend Bruce Myers
Évêque de Québec
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Une lettre de Mgr Bruce

Mgr Bruce écrit : « Je voudrais attirer votre attention sur deux questions particulièrement importantes dans la vie commune de notre famille diocésaine. L’une concerne une autre importante réunion de notre église; la seconde concerne notre responsabilité collective de protéger les personnes vulnérables qui vivent parmi nous. »

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